To Uyuni and back

Au départ, le voyage avait deux objectifs: Ushuaia et Machu Picchu.
En bon gestionnaire de projet, je sais qu’il n’est pas bon de courir deux lièvres à la fois, surtout quand ils sont séparés par plus de 5000 kilomètres… Et après presque deux mois sur la route, je commence à fatiguer, pas uniquement physiquement, mais également émotionnellement: au bout d’un certain temps, ça devient dommage de voir de si beaux endroits sans personne avec qui les partager.

Par dessus le marché, c’est le milieu de la saison des pluies en Bolivie et au Pérou, ce n’est donc pas la meilleure période pour y aller. J’ai croisé plusieurs personnes qui en viennent et, bien que le voyage soit spectaculaire, les conditions sont dures.

J’y pense depuis un certain temps mais j’ai finalement pris ma décision, je n’irai pas au Pérou. Du moins pas maintenant. Je ne me sens plus assez de motivation pour pouvoir en profiter pleinement, je préfère donc me réserver la découverte de ce magnifique pays pour une autre occasion.

Reste la question de la Bolivie. J’ai très envie de voir le salar de Uyuni qui n’est pas très loin de là ou je suis (au point ou j’en suis, 500 kilomètres de pistes, c’est presque la porte à coté).
Mais:
– je sais que la pluie complique grandement les choses,
– mon pneu avant est bien usé, si je croise de la boue, je suis presque certain de finir par terre,
– Sans le protecteur de chaîne, celle-ci s’use à vitesse grand V, surtout sur chemins dégradés, et casser une chaîne au milieu de nul part n’est pas le genre d’aventure dont j’ai envie en ce moment.
– En cette saison, le salar est inondé, il est donc presque impossible de le traverser en moto, le coin perd donc une grande partie de son attrait.

Mais je suis trop près pour ne pas y aller!!!
Et comme un petit coup de pouce du destin, je croise un mécanicien moto au coin d’une rue de San Pedro qui me dit qu’il a une chaîne et une couronne pour ma moto!
Au final la couronne est trop grande, mais je pars avec une chaine neuve et une réparation de fortune pour parer au manque de protège chaîne: un bout de chambre à air, du scotch americain et le tour est joué

Jeudi 24 février, je pars donc à 8 heures du matin de mon mini camping de san Pedro.
Premier arrêt à Calama, je poirote jusqu’à 10h30 devant le magasin de moto dans l’espoir de pouvoir changer mon pneu avant, comme les propriétaires ne semblent pas décidés à ouvrir, je reprends la route avec mon vieux pneu.

Je pars donc en direction du poste frontière de Ollague au milieu de la cordillère. La première partie de la piste est rapide mais peu distrayante.

Arrivé au salar de Ascotan, ça devient plus distrayant mais nettement moins rapide, ça monte, ça tourne et il faut bien faire des pauses pour immortaliser le moment 🙂

Puis arrivée sur un autre salar : Carcote
Je ne pensais pas que les petits rails traversés à plusieurs reprises étaient encore en service, mais le train de marchandise que je vois en contre bas témoigne du contraire.

On note bien les signes d’activité de ce volcan avec la fumerolle qui s’échappe de la calotte.

J’arrive au village frontalier de Ollague vers 14 heures, j’ai faim et me mets à la recherche d’un endroit ou dejeuner… Eh bien non, dans aucun des 4 restaurants que je trouve on ne peut me servir à manger… OK, ni modo, je continue.

Le passage de la frontière chilienne est rapide et sans souci.
Ça prend plus de temps du coté Bolivien, mais je rentre finalement en Bolivie vers 16 heures.

Il y a 250 kilomètres de piste entre le poste frontière et Uyuni.
Un anglais sur une Yamaha 660 XT me dit qu’il a mis 3 heures 1/2, le douanier me dit qu’il faut entre 5 et 6 heures… On verra.

A peine suis-je reparti qu’un couple sur une KTM 990 adventure m’arrête. Je crois qu’ils avaient juste besoin d’exprimer leur enthousiasme après une journée de route qu’ils disent être la plus belle depuis le début de leur voyage. Puisque je vais vers là d’ou ils viennent, c’est bon signe!

Et effectivement, la route est impressionnante. Tous les 30 ou 50 kilomètres, les paysages changent offrant une succession de paysages à couper le souffle.

A cet endroit, je rentre dans une foret de pierres érodées par le vent et la pluie, on se croirait dans l’atelier d’un sculpteur géant et fou! Les photos ne permettent absolument pas de s’en rendre compte, je n’ai pas du m’arrêter aux bons endroits, il fallait y être!

Les paysages deviennent moins arides et je croise àa plusieurs reprise des troupeaux de lamas et de moutons

Vous noterez que les lamas sont prêts pour sortir, ils ont boucles d’oreille et colliers!

La piste devient très droite, avec peu de dénivelée, les kilomètres défilent donc assez vite

J’arrive finalement à Uyuni en fin d’après midi en ayant fait le même temps que l’anglais et sa XT!!!

Bien que très touristique, on se sent vraiment ailleurs… en Bolivie par exemple.
Les femmes sont presque toutes vêtues de façon traditionnelle, beaucoup ont des chapeaux melon qui semblent trop petits et sont juste posés sur leur tête.

Je n’ai pas pris de photos des gens dans les rues, je ne le sentais pas, je m’en remets donc à nouveau au blog de Chevalier Noir bien que lui non plus n’en ait pas prises beaucoup

Pour le dîner, plat typique de la Bolivie… Du poulet et du riz!
Et pour le désert, un « pastel »: une sorte de galette frite, le beignet local en quelques sortes, accompagné d’une boisson à base de maïs comparable au atole mexicain.

Vendredi 25 février. Apres une bonne nuit dans un hôtel du centre (pour le même prix qu’un camping au Chili), je pars pour les deux attraits touristiques d’Uyuni,
Le cimetière de trains

Mais surtout le fameux salar d’Uyuni!!!!

Pendant la saison sèche, le lac est entièrement desséché, permettant de rouler sur la croûte de sel comme a Bonneville aux USA.
Mais le lac etant pratiquement entièrement innondé, je dois donc me contenter de rester sur le bord.

Au retour, je m’arrête devant un hôtel construit en briques de sel:

Mais le restaurant étant fermé, je ne pourrais pas y déjeuner…

Sur la route qui me ramène vers le village d’Uyuni, mon attention est constamment attirée par les montagnes qui se trouvent à ma gauche. Non que la vue soit particulièrement belle, mais de gros nuages noirs semblent vouloir venir jouer les touristes…
Je me rappelle des recommandations qui m’ont été données
« quand il pleut, les chemins se transforment en boue »
« la boue est argileuse et très glissante »
« il pleut tous les deux trois jours »

En gros, si ces gros nuages se décident à venir nous arroser, je serai coincer ici jusqu’à nouvel ordre.

Il est midi, je décide donc de repartir aujourd’hui même au Chili.
Apres un passage express pour récupérer mes affaires à l’hôtel, je suis prêt pour refaire en sens inverse les 500 kilomètres d’hier!

Arrêt à San Cristobal pour prendre de l’essence

Il y a moins de monde qu’hier sur la route… mais quelques squatteurs

aujourd’hui, ce sont les moutons qui sont parés pour sortir:

J’arrive au poste frontière ou je suis accueilli comme il se doit par quelques goûtes de pluies.
Le douanier bolivien est surpris de me revoir si vite mais approuve ma décision compte tenu de la météo, il me conseille de revenir en septembre lorsque le temps est sec sans être trop froid. En cadeau de départ, il me donne quelques feuilles de coca pour la route.

Le temps est couvert, mais il ne pleut pas du coté chilien.
La route est toujours aussi belle, et j’ai la sensation étrange du devoir accompli. Ça y est, je suis allé partout ou je voulais aller, je suis à la fin de mon voyage. Oui, enfin il me reste tout de même 2000 kilomètres pour rentrer a Santiago.
Mais le coeur léger, je conduis comme si j’étais dans une spéciale de rallye enduro, avec la roue arrière qui chasse dans les virages sablonneux… bref, je m’amuse!

J’arrive à la fin de la piste au moment ou le jour se couche, perfect timing. A ma droite j’ai le coucher de soleil sur une chaîne de montagne

A ma gauche, un arc en ciel sur la cordillère

Sweet!

Lorsque j’arrive a Calama, il fait nuit noire, je tourne un moment dans le centre avant de trouver un hôtel abordable. C’est le fin de deux jours bien remplis!

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